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DARKNESS, CENSURE ET CINEMA

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Le syndicat français de la critique de cinéma demande l'abrogation de l'article 227-24 du Code pénal !

Publié par darkness-fanzine.over-blog.com sur 24 Février 2014, 20:45pm

Catégories : #syndicat, #nymphomaniac, #article 227-24, #code pénal, #censure

Le syndicat français de la critique de cinéma demande l'abrogation de l'article 227-24 du Code pénal !

S'exprimant pour la première fois plus de quinze jours après que le juge des référés du tribunal administratif de Paris ait suspendu le visa comportant interdiction aux -16 ans du film Nymphomaniac volume 2 de Lars von Trier, le syndicat français de la critique de cinéma (SFCC) a protesté aujourd'hui contre la récente décision de justice ayant conduit à interdire le film à tous les mineurs. Après avoir rappelé que "la ministre de la Culture a accordé un visa d'exploitation à Nymphomaniac assorti d'une interdiction aux -12 ans pour le film 1, aux -16 ans pour le film 2 [...] conformément à l'avis de la Commission de classification des œuvres cinématographiques à laquelle il participe", le SFCC dénonce le fondement juridique de la requête présentée par l'association Promouvoir laquelle, selon le syndicat, "s'appuyant sur l'article 227-24 du Code pénal, et alléguant la présence d'images dites pornographique [...] avant même d'avoir vu les deux films" a obtenu la révision du niveau de classification initialement attribué aux deux films. Souhaitant que le tribunal administratif de Paris infirme les ordonnances du juge Heu rendues le 28 janvier (volume 1) et le 5 février (volume 2), le SFCC se déclare "déterminé à militer pour l'abrogation de l'article 227-24 du Code pénal [...] devenu l'arme des extrémistes contre les œuvres d'art qui leur déplaisent".

Rappelons que cet article du Code pénal sanctionne de trois ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende le fait de "fabriquer, transporter, diffuser par quelque moyen que ce soit et quel qu'en soit le support un message à caractère violent ou pornographique [...] lorsque ce message est susceptible d'être vu ou perçu par un mineur". Un article de loi sur lequel s'est appuyé le Conseil d’État pour annuler l'interdiction aux -16 ans du film Baise-moi en juin 2000, obligeant le gouvernement à (ré)instaurer l'interdiction aux -18 ans en 2001 (modifiée en 2003) "pour les œuvres comportant des scènes de sexe non simulées ou de très grande violence mais qui, par la manière dont elles sont filmées et la nature du thème traité", ne justifient pas une inscription sur la liste des films classés X.

S'il y a peu de chance qu'un débat soit ouvert devant le Parlement et que le SFCC obtienne un jour satisfaction, il sera néanmoins intéressant d'attendre la décision du tribunal administratif pour chacune des ordonnances, si toutefois il a bien été saisi.

Le 27 février 2014 sur son blog, Albert Montagne ajoute : "Après les interventions de l'ARP et du SFCC les vendredi 21 et lundi 24 février 2014 en faveur de Nymphomaniac 1 et 2, c'est au tour, ce mercredi 26 février, de la société des auteurs et compositeurs dramatique (SACD) de prendre la défense du film de Lars von Trier. « En aggravant les seuils d'interdiction de deux films contre l'avis d'un comité d'experts dont la pluralité et la compétence ne peuvent pas être contestées, un juge du tribunal administratif de Paris, interprétant sa saisine de la façon la plus étroite possible, a été l'outil de la manœuvre de cette association. Sa naïveté n'a d'égal que l'humiliation qu'il inflige à la commission de classification des œuvres Cinématographiques, et par rebond, à la ministre de la Culture et de la Communication [...]. Ce n'est encore qu'un jugement en référé, et le jugement définitif sur le fond est encore à venir. Mais, dans le temps compté de l'exploitation d'un film, le mal est déjà fait : une œuvre qui bien sûr peut-être contestée, c'est même en cela qu'elle est justement une œuvre et non un produit de consommation, a été amputée d'une partie importante de son public […]. La victoire politique de l'association Promouvoir est donc totale. Et elle nous inquiète. Bientôt, de plaintes en plaintes, de saisines en procédures, cette association parviendra à sanctionner, puis quasiment interdire, des œuvres moins osées que Nymphomaniac grignotant la liberté d'expression par petits bouts, punissant les films qui n'entrent pas dans le moule de son idéologie. On l'a vu récemment avec la tentative d'interdiction de la diffusion du film Tomboy sur Arte ». Prochaine défense à suivre !"

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