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DARKNESS, CENSURE ET CINEMA

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La presse colporte encore la soit-disant censure de l'affiche du film La Belle saison

Publié par darkness-fanzine.over-blog.com sur 19 Septembre 2015, 10:37am

Catégories : #La belle saison, #censure, #presse, #interdiction

La presse colporte encore la soit-disant censure de l'affiche du film La Belle saison

Depuis deux jours, la presse nationale démontre un manque de rigueur en rapportant une information inexacte, non vérifiée ni recoupée. Tout commence avant-hier lorsqu'un média a affirmé et titré que le maire de Camaret-sur-Aigues venait de censurer l'affiche du film La Belle saison dans sa commune. Ce qui est parfaitement erroné, comme nous vous l'avons expliqué hier même sur ce blog. Pourtant, les médias poursuivent le colportage de la fausse nouvelle, en "copiant-collant" la soit-disant atteinte à la liberté d'expression perpétrée par un maire d'extrême-droite. Le pompon revient sans doute à Catherine Corsini, la réalisatrice du film, s'adressant à l'élu local dans une lettre ouverte publiée ce matin par le blog Les nouveaux cinéphiles que nous choisissons de reproduire in extenso ci-dessous :

« Cachez ce sein que je ne saurais voir » (Molière)

A vous en croire, Monsieur Philippe de Beauregard, on devrait rhabiller les statues de nues, mettre un voile sur les peintures de Courbet, Manet, Renoir et de tous les peintres qui ont su croquer la nudité avec réalisme. Nous devrions aussi interdire les musées à la jeunesse, fermer les salles qui montrent des corps de femmes entre elles, nus, alanguis, accouplés dans des poses suggestives. Pourtant, la nudité dans l’art est apparue dès les premiers dessins de l'époque préhistorique. La nudité féminine était là, bien avant l'apparition de la religion chrétienne, symbole de fertilité, d'érotisme, et symbole de la famille. Ce qu'on voit dans La Belle saison, c'est la nudité des corps, dans leur liberté, dans leur beauté et dans leur insouciance face au désir, ce sont les visages, les rires, les sourires de deux femmes qui évoquent l'appétit de la vie. Est-cela qui vous choque? Est-ce la caméra qui découvre les poils pubiens d'une actrice, en gros plan comme un tableau, qui vous trouble, ou est-ce de voir deux femmes s’aimer ? Ce procès d'intention pourrait faire sourire, tant ni le film en salles depuis des semaines, ni l'affiche placardée dans toute la France n'ont suscité de polémique. Mais vous n'en êtes pas resté aux mots et vous avez fait retirer l'affiche de votre mairie et de votre site internet, ce qui constitue un acte autoritaire, intolérable. On se demande qui est le pervers dans l'accusation que vous portez au film. Monsieur, votre censure s’inscrit dans une lignée qu’on connaît bien, c’est celle qui, il y a quelques mois voulait faire interdire l’affiche de L’Inconnu de lac d’Alain Guiraudie, celle qui sous couvert de protéger les valeurs familiales, répand les passions tristes et la haine du corps. Mais souvenons nous que c’est cette censure qui s'est attaquée aux poèmes de Baudelaire, pour qu’on ne l’entende jamais parler dans Lesbos de « baisers chauds comme les soleils » de « baisers qui sont comme les cascades orageux et secrets, fourmillants et profonds », des « filles aux yeux creux, de leur corps amoureuses ». « Car Lesbos entre tous m'a choisi sur la terre pour chanter le secret de ses vierges en fleurs ».

De jolis mots, sauf que l'affiche du film n'a jamais été censurée...

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