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DARKNESS, CENSURE ET CINEMA

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Le documentaire L'Homme qui répare les femmes, interdit en République Démocratique du Congo

Publié par darkness-fanzine.over-blog.com sur 12 Septembre 2015, 07:40am

Catégories : #l'homme qui répare les femmes, #rdc, #censure, #interdiction, #viols

Mis à jour le 20 octobre 2015.

Alors qu'il devait être diffusé les 8 et 9 septembre à Kinshasa, L’Homme qui répare les femmes - La colère d’Hippocrate de Thierry Michel et de la journaliste Colette Braeckman, récompensé par sept prix internationaux dans cinq pays et sur trois continents, a été interdit en République Démocratique du Congo (RDC). Une décision justifiée par le ministre des Médias estimant que ce documentaire, qui raconte le combat du gynécologue Denis Mukwege pour soigner les victimes de viols mais aussi les défenseurs des droits humains, traduit « une volonté manifeste de nuire, de salir l'image de notre armée et aucun pays au monde ne peut le tolérer ». Le ministre et porte-parole du gouvernement congolais explique que le pays ne peut accepter que des soldats morts au combat « soient accusés de viols », Lambert Mende allant même jusqu’à accuser Thierry Michel, auteur de plusieurs films sur le Congo dont certains ont déjà été censurés en RDC tel L’Affaire Chebeya, un crime d’État ? en 2012 -, de faire « mentir dans son commentaire les témoignages de personnes apparaissant à l'écran ».

Selon Marie Denos sur le site parismatch.com, le réalisateur s'est immédiatement défendu : « Ce sont des rapports de l’ONU qui parlent de viols et ce sont des témoins que nous faisons parler dans le film. Lambert ne peut quand même pas nier qu’il y a des procès, dont nous diffusons d’ailleurs des images, qui sont en cours en RDC », et de conclure : « Ce film a connu un gros succès à l’international et va être projeté à Washington, New York ou Paris, mais les Congolais, dont certains ont participé au tournage, ne pourront pas le voir. C’est pitoyable. »

A son tour, le docteur Mukwege qui a déjà fait l’objet de deux tentatives d’assassinats en 2012 et en 2015, a dénoncé cette interdiction dans un communiqué publié le 3 septembre : « S’il y a des individus qui se comportent mal je crois qu’ils devraient assumer les responsabilités de leurs actes, a-t-il soutenu. Par contre, il y a évidemment dans l’armée congolaise des hommes compétents, valables, patriotes. Mais s’il y a des personnes qui ont eu un comportement inacceptable vis-à-vis de la société, être dans l’armée ne les met pas à l’abri de la justice », jugeant « incompréhensible que les témoignages des femmes et des acteurs de la société civile [...] puissent inquiéter outre mesure les autorités qui ont pris la décision de l'interdire ».

Dans un communiqué du 9 septembre, Martin Kobler, le chef de la Mission de l’ONU en RDC (Monusco), a jugé inadmissible l’interdiction du film : « La liberté d’expression est garantie par la Constitution congolaise et les lois internationales. Monsieur Kobler demande donc instamment aux autorités congolaises de revenir sur leur décision », a rapporté Charles Bambara, le chef de l’information publique de la Monusco.

Le lundi 19 octobre, le gouvernement a levé "la décision d'interdiction du film", a indiqué un communiqué du ministre de la Communication et des Médias, Lambert Mende, lu à la télévision publique.

Le documentaire L'Homme qui répare les femmes, interdit en République Démocratique du Congo
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