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DARKNESS, CENSURE ET CINEMA

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Deux ans après la sortie en salles de La Vie d'Adèle, Abdellatif Kechiche affirme que son film aurait dû être interdit aux -16 ans

Publié par darkness-fanzine.over-blog.com sur 27 Décembre 2015, 11:23am

Catégories : #Abdellatif Kechiche, #la vie d'adèle, #cinéma, #censure

Deux ans après la sortie en salles de La Vie d'Adèle, Abdellatif Kechiche affirme que son film aurait dû être interdit aux -16 ans

Dans un article mis en ligne le 24 décembre 2015, le Huffington Post nous rapporte que "le réalisateur de La Vie d'Adèle, Abdellatif Kechiche, opposé à ce que son film puisse être vu par des jeunes adolescents, a fustigé le recours envisagé par le ministère de la Culture contre la récente annulation du visa d'exploitation". En effet, dans un entretien accordé au magazine Paris Match le 23 décembre, le réalisateur affirme que "pour le ministère de la Culture, cette histoire est surtout l’occasion de taper sur une association catholique liée au Front national et d’utiliser mon film dans ce but.", ajoutant avec colère : "Lors de la sortie, j’ai bien dit à Wild Bunch, le distributeur, que je ne concevais pas que le film soit vu par des enfants de 12 ans. En cherchant absolument à viser un public jeune contre ma volonté, il a détourné mes intentions. Et aujourd’hui, [...] la ministre de la Culture, en association avec Wild Bunch, veut se pourvoir en cassation sans tenir compte de mon avis ! Pire : en m’invitant carrément à fermer ma gueule [...] La liberté d'expression n'est plus."

Sauf que tout cela n'a absolument rien à voir avec la liberté d'expression du cinéaste, le pourvoi en cassation annoncé par Fleur Pellerin ne visant à contester que l'annulation de sa décision par la cour administrative d'appel de Paris le 8 décembre dernier.

La Vie d'Adèle a rapporté près de 15,5 M€ de recettes pour un budget de 4 M€, qui n'ont vraisemblablement pas été engrangées par des spectateurs de 12 à 16 ans, il est vrai. Le public ciblé par le film est un public de jeunes adultes, sans doute âgés d'au moins 16 ans. Ceci étant dit, la ministre a décidé de suivre l'avis de la Commission de classification en 2013, qui proposait alors une "simple" interdiction aux mineurs de 12 ans avec avertissement. Si certains peuvent aujourd'hui le regretter, souvenons-nous qu'à l'époque, personne n'avait contesté le niveau de restriction attribué au film. Abdellatif Kechiche ne s'était pas indigné en exigeant du ministre une interdiction aux moins de 16 ans. Et pourtant, c'est bien à ce moment là qu'il aurait pu choisir de le faire, en demandant par exemple à Wild Bunch de contester le niveau d'interdiction proposé par la Commission en septembre 2013, ou tout simplement en écrivant à la ministre de la Culture pour faire part de son étonnement, ou bien encore en faisant appel de la décision injustifiée d'Aurélie Filippetti devant le tribunal administratif ! Or, il n'en a rien été. Pourtant, la situation n'aurait pas été inédite.

Le 27 février 2015, L'eau douce qui coule dans mes veines (Maxime Kermagoret, 2013) a été classé "tous publics" par la Commission de classification malgré deux scènes de sexe non simulées. "Cela veux dire que je peux montrer une scène de fellation explicite à des enfants, et des scènes psychologiquement difficiles à tout le monde ?", nous avait alors confié sur ce blog le réalisateur qui avait pris l'initiative d'interdire son film aux mineurs de 16 ans lors de projections privées organisées en Bretagne. Le film a été renvoyé en assemblée plénière le 26 mars à la demande du réalisateur, pour finalement être interdit aux moins de 12 ans, un niveau toujours jugé inapproprié par Maxime Kermagoret.

Enfin, notons que Canal+ avait déconseillé La Vie d'Adèle aux moins de 16 ans lors de sa diffusion en crypté le 2 janvier 2015 après minuit, près de 11 mois avant la décision du juge administratif.

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