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DARKNESS, CENSURE ET CINEMA

DARKNESS, CENSURE ET CINEMA

Le blog officiel de la nouvelle collection


Les censures au cinéma dévoilées à Saint-Denis

Publié par darkness-fanzine.over-blog.com sur 25 Janvier 2016, 13:43pm

Catégories : #Journées cinématographiques dionysiennes de Saint-Denis, #censures, #cinéma

Les censures au cinéma dévoilées à Saint-Denis

Dans un article alléchant mis en ligne sur culturopoing.com le 24 janvier 2016, Olivier Rossignot nous annonce la 16ème édition des Journées cinématographiques dionysiennes de Saint-Denis organisée du 3 au 9 février 2016 sur la thématique des CENSURES au cinéma, annoncée en lettres capitales. Une présentation très détaillée que nous choisissons de reproduire ci-dessous :

La programmation aspire à couvrir toutes les censures, celles du passé et, toutes aussi violentes, celles en vigueur ; celles des pouvoirs dictatoriaux ou des dictatures de l’esprit qui tentent de s’imposer avec des associations aussi navrantes que Promouvoir qui contredisent l’idée même de pensée, sous couvert de morale catholique.

Voyage dans l’histoire et à travers le monde, « Censures » nous permet à la fois de nous ranimer notre mémoire et de prendre conscience de l’état du monde. Nous parcourrons le temps et la terre, prenant à nouveau conscience d’une culture vécue comme un combat, intime ou collectif.

Un hommage à René Vautier rappelle l’extraordinaire travail de ce cinéaste dont la filmographie engagée confine à l’actes de foi, qu’il traite des mineurs assassinés pendant les grèves de 1948, des affrontements brestois avec la mort d’Edouard Mazé ou de la guerre d’Algérie. Un cinéaste qui paya de sa personne en étant lui-même inculpé, incarcéré … et interdit.

De même, il était inévitable d’évoquer le cinéma soviétique avec notamment la projection de L’Ascension de Larissa Chepitko, Parmi les pierres grises de Kira Mouratova, Il était une fois un merle chanteur et Chantrapas d’Otar Iosseliani, ou La Vérification d’Alexeï Guerman.

La perversité de la censure tient à sa diversité : elle touche à la politique comme au sexe ou à la violence, parfois aux trois dans la même œuvre. L’exploration se poursuivra donc au Japon, où L’Empire des sens n’est jamais sorti en version intégrale, compte-tenu de l’interdiction de représentation des parties génitales à l’écran. Stéphane du Mesnildot présentera donc un Kōji Wakamatsu (Quand l’Embryon part braconner) et Shūji Terayama (L’Empereur Tomato-Ketchup).

Un détour vers le cinéma de Paul Verhoeven nous permettra de revoir La Chair et Le Sang ou Spetters et son terrible portrait de la jeunesse hollandaise tous deux présentés par le fidèle scénariste du réalisateur Gerard Soeteman. Les cinéastes thaïlandais (Blissfully Yours, de Sud Sanaeha ) chinois (Platform, de Jia Zhangke), philippins (Insiang, de Lino Brocka), hongrois (Le témoin, de Péter Bascó, Rouge et Blanc, de Miklós Jancsó) peuvent également témoigner de l’importance de la censure.

De l’interdiction des films à l’emprisonnement, il n’y a qu’un pas. Le festival laissera également une place importante au Moyen-Orient avec notamment un état de lieux du cinéma iranien où seront conviées les œuvres de Jafar Panahi (Ceci n’est pas un film), de Kianoush Ayari (La Maison paternelle) de Sepideh Fars (Red Rose) de Bahman Ghobadidiman (Les Chats persan), et de Mohammad Rasoulof (Les Manuscrits ne brûlent pas).

La France ne sera pas en reste avec les jeunes criminelles nihilistes du fabuleux Ne nous délivrez pas du Mal – entre roman noir et brûlot politique – de Joël Séria, ou la guerre d’Algérie vue par Godard (Le Petit soldat). Jean Claude Brisseau viendra présenter aux côtés de Fabienne Babe et Jean-François Negret son toujours d’actualité De Bruit et de Fureur. Le cinéma de Jean-Denis Bonan sera également à l’honneur, exhumé après des années de purgatoire (La Femme bourreau, Tristesse des anthropophages). Parmi les nombreux invités, Lionel Soukaz ou Yves Boisset dont on projettera Le Juge Fayard dit le « Shérif ». On connaît le rapport étroit de Boisset avec la censure, toujours passionné par les sujets qui fâchent que ce soit l’assassinat du juge Renaud, l’affaire Ben Barka ou le racisme ordinaire.

Et comme « Censures » se doit de ne rien censurer, la pornographie aura droit à sa nuit co-présentée par LE spécialiste Christophe Bier et Rurik Salé, dans laquelle nous pourrons voir, Anthologie des scènes interdites de José Bénazeraf qui ausculte justement le rapport entre pornographie censure et politique, suivi par le beau X de Serge Korber L’Essayeuse, puis, entre nanar et ovni fascinant Maléfices porno d’Eric de Winter avant de terminer par le terrible porno passionnel gay New York City Inferno de Jacques Scandélari.

Après la soirée adultes, ce sera presque l’heure du goûter des enfants avec une sélection de Betty Boop bien plus subversifs que Disney à la même époque.

La censure en France du Port de la Drogue où toutes les allusions au communisme sont « retraduites » en allusion au trafic de drogue, atteint des sommets d’absurdité. Ne perdons pas l’occasion de revoir quelques classiques qui firent scandale à l’époque, comme Freaks de Tod Browning, Un tramway nommé désir d’Elia Kazan. Et que dire de La Vie de Brian, sinon que le revoir devrait être obligatoire, en ces temps de religion douteuse.

Enfin la soirée de clôture présentera en avant-première le remarquable documentaire Jodorowsky’s Dune ou l’histoire de cette incroyable aventure de l’adaptation du roman de James Herbert par le réalisateur de La Montagne sacrée, qui ne vit jamais le jour malgré toute l’énergie et le temps qu’y mit le cinéaste.

Le programme est tellement riche, qu’on en oublie, évidemment, mais eux aussi ! Car malgré l’exhaustivité et l’intelligence de la programmation elle ne peut-être hélas que dépassée face à l’étendue des dégâts, d’une censure qui perdure à l’infinie. Comme d’habitude de multiples rencontres, débats, tables rondes avec de nombreux invités, avec lesquels vous pourrez parfois venir discuter sous la tente de l’espace de restauration et buvette. Toute la programmation et les infos pratiques sont disponibles ICI.

Cinéma L’ÉCRAN

Place du caquet à Saint-Denis (93)

Renseignements : 01 49 33 66 88 et dionysiennes@lecranstdenis.org

TARIFS

7 € plein tarif - 6 € tarif réduit - 4,50 € abonnés - 4€ moins de 14 ans - 3,50€ étudiants - 3€ tarif groupes scolaires - Pass festival : 21 € - Ciné-goûter : 3,50 € - Nuit du porno interdit: 4,50€ le film - 13,50€ la nuit.

ACCES

En métro (20 minutes de Place de Clichy) - Basilique de Saint Denis/ligne 13

PRESENTATION FAITE SUR LE SITE

La Censure ne pouvait manquer de s’intéresser au cinéma dès sa naissance. Après une Danse Serpentine censurée aux États-Unis, la France voit aussi la censure s'institutionnaliser en 1916 lorsqu'on refuse de laisser circuler les images d'une décapitation. La censure au cinéma aura depuis su dresser la liste des interdits selon les cultures et les mœurs. Du Code Hays à la censure soviétique, des œuvres centrées autour de la guerre d'Algérie à la pression exercée aujourd'hui par les autorités chinoises, la censure, si elle punit souvent la liberté des jeunes artistes contestataires, refuse le plus souvent de voir la réalité de sa société.

Promulguée par une forme de pouvoir qui se veut soit politique, économique, militaire, judiciaire, religieuse ou morale, la censure peut parfois faire naître des débats ; elle est cependant le plus souvent secrète lorsqu'elle se démène à détruire les œuvres, pousse les artistes à s'exiler.

D'où sa petite sœur : l’autocensure. La lutte pour que le film atteigne son réel public et non juste un groupe de moralisateurs infatués par la loi qui les investit, cette lutte là a été la tâche des ciné-clubs et des revues, elle reste aujourd'hui surtout celle du public qui s'engage - un public engagé par le film : le regroupement du plus grand nombre pour que quelques mètres de pellicule échappent au froid toucher des ciseaux. Montrer l’œuvre interdite reste le seul outil concret pour rendre au public sa liberté de choisir face au film. Car si la censure prend des formes multiples, elles seront toujours moins nombreuses que les formes d'expression qu'elles tiennent à faire taire.

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