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DARKNESS, CENSURE ET CINEMA

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Le Syndicat français de la critique de cinéma demande à Fleur Pellerin de changer la loi

Publié par darkness-fanzine.over-blog.com sur 4 Février 2016, 17:10pm

Catégories : #sfcc, #censure, #antichrist, #cinéma, #appel

Le Syndicat français de la critique de cinéma demande à Fleur Pellerin de changer la loi

Dans un appel solennel publié sur son site le 4 février 2016, le syndicat français de la critique de cinéma (SFCC) apporte son soutien à Fleur Pellerin en lui demandant de changer la loi pour mieux protéger les œuvres cinématographiques :

LA VALSE DES VISAS, ÇA SUFFIT !

Après Baise-moi, Ken Park, Nymphomaniac, Saw 3D : chapitre final, Love et La Vie d'Adèle, Antichrist de Lars Von Trier vient de voir, le 2 février dernier, son visa d'exploitation annulé par décision de la cour administrative d'appel de Paris sur une nouvelle requête de l'association Promouvoir, proche du milieu catholique intégriste. Bang Gang d'Eva Husson est à son tour menacé.

Le syndicat français de la critique de cinéma en appelle à la ministre de la Culture, Madame Fleur Pellerin, et lui apporte tout son soutien dans l'objectif d'une modification des articles de loi qui contribuent à cet état de fait. Il faut que que cessent ce désaveu perpétuel des avis de la commission de classification et ces attaques répétées contre la création et les œuvres de cinéma.

Pour le SFCC

Isabelle Danel- Présidente

Gérard Lenne – Président d’honneur

Chloé Rolland - Secrétaire générale

Une situation de plus en plus intenable pour la ministre de la Culture qui a demandé à Jean-François Mary, le président de la Commission de classification, de lui faire des propositions pour changer la donne. Depuis l'annulation du visa d'exploitation du film Saw 3D en mai 2015, le Conseil d'Etat a en effet déclaré qu'en l'état actuel du droit, un film qui comporte des scènes de sexe non simulées ou des scènes de très grande violence doit nécessairement être interdit aux moins de 18 ans en application de l'article R. 211-12 du Code du cinéma et de l’image animée. Du bain béni pour l'association Promouvoir et son conseil, Maître Bonnet.

Dans un article intitulé « Si l’association proche des milieux catholiques traditionalistes Promouvoir parvient à faire annuler les visas de ces films, c’est qu’elle a un puissant allié de son côté : la loi » mis en ligne sur premiere.fr le 4 février 2016, Vanina Arrighi de Casanova explique parfaitement la situation. Nous choisissons donc de reproduire la première partie de son intervention ci-dessous :

Le visa d’Antichrist vient donc d’être annulé. Encore. Le film de Lars Von Trier, sorti il y a presque 7 ans dans les salles assorti d’une interdiction aux moins de 16 ans, a mobilisé trois fois la justice administrative. Les deux premières, en 2009 puis 2012, son visa d’exploitation avait été annulé par le Conseil d’Etat pour vice de forme, le juge ayant estimé que l’avis de la commission de classification n’était pas suffisamment motivé. La 3e en revanche, la cour administrative d’appel a estimé que le film comportait « un degré de représentation de la violence et de la sexualité qui exige, au regard des dispositions réglementaires applicables, une interdiction de ce film à tous les mineurs ». Une nouvelle victoire de l’association Promouvoir, héraut des « valeurs judéo-chrétiennes » devenue le cauchemar des distributeurs. Et de la ministre de la culture.

On pourra toujours crier à la censure. Promouvoir ne fait qu’obtenir des juges qu’ils fassent appliquer la loi. Les « réglementations applicables » auxquelles la décision de la cour se réfère sont celles du Code du cinéma et de l’image animée, qui régit l’exposition des mineurs aux « scènes de sexe non simulées ou de très grande violence ». Réglementation qui ne fait qu’appliquer la loi, qui interdit « la diffusion, par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support, d’un message à caractère violent ou de nature à porter gravement atteinte à la dignité humaine lorsqu’il est susceptible d’être vu ou perçu par un mineur » (article 227-24 du Code pénal)". Love ? Quelles que soient ses qualités par ailleurs et quoi qu’on en pense, comporte des scènes de sexe non simulées. Antichrist ? Des scènes de très grande violence (tabassage de pénis, cisaillage de vagin…) qui avaient même ému les journalistes cannois rodés au cinéma extrême et aux gestes provocateurs - l’intention assumée du cinéaste danois. Ces deux œuvres tombent sous le coup de la loi de protection des mineurs. Si on estime qu’ils peuvent être vus par les moins de 18 ans, alors il faut changer la loi. [...]

Mentionnons enfin, les dernières réactions de l'ARP (Société civile des auteurs-réalisateurs-producteurs) et de la SRF (Société des réalisateurs de films) :

ANTI-CINEMA

Nous sommes chaque fois atterrés de constater qu’un André Bonnet/Patrice André, représentant de Promouvoir, association trouble, liberticide et extrémiste, peut décider seul de ce qu’on peut ou de ce qu’on ne peut pas voir en France. Nous rappelons qu’il existe une Commission de classification, composée d’experts représentant les professionnels du cinéma, les familles, les enfants, la jeunesse, la justice, la santé et même l’intérieur. Cette Commission exerce déjà son rôle essentiel de garantir la protection des spectateurs. Il n’est plus tolérable qu’un seul homme puisse se servir de défauts existant dans nos textes au mépris de la légitimité et du travail de cette commission.
Antichrist hier encore, après La Vie d’Adèle, Love, Nymphomaniac… et peut-être demain Bang gang (Une histoire d’amour moderne)… Il est ahurissant que tant de films, largement salués dans les plus grands festivals et qui n’ont heurté la sensibilité de personne, sinon les promoteurs d’un nouvel obscurantisme, puissent être interdits au public. C’est notre vision du monde, et plus particulièrement de la France, qui est heurtée aujourd’hui, alors que la liberté de création est violemment bafouée.
Nous demandons donc à la Ministre Fleur Pellerin de prendre d’urgence les mesures issues des travaux confiés à Jean-François Mary sur la modernisation du système de visa. Elles permettront de rendre à la Commission de classification tout son sens et tout son poids. Ce nouveau pas en arrière confirme encore une fois que l’urgence est bien rée
lle.

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