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DARKNESS, CENSURE ET CINEMA

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Le film Udta Punjab soulève l'indignation en Inde

Publié par darkness-fanzine.over-blog.com sur 11 Juin 2016, 16:10pm

Catégories : #Udta Punjab, #The Textures of Loss, #Inde, #CBFC, #censure, #cinéma

Le film Udta Punjab soulève l'indignation en Inde

Mis à jour le 17 juin 2016.

Udta Punjab

Dans un article mis en ligne le 9 juin 2016, le site lecourrierinternational.com nous apprend qu'à un an des élections régionales, la censure du film Udta Punjab, qui parle du trafic de drogue au Pendjab indien, sème le trouble et la polémique entre partis politiques. Intitulée Udta Punjab, cette fiction met en scène des stars de Bollywood comme Shahid Kapoor, Alia Bhatt et Kareena Kapoor, et plonge au cœur du trafic de drogue dans cette région du nord de l’Inde frontalière du Pakistan. Le Central Board of Film Certification (CBFC) a ordonné que le mot « Punjab » soit retiré du titre et a coupé 89 passages du film !

Le CBFC n'a apprécié ni la forme, ni le propos du long métrage, et il a ordonné la suppression de scènes où des jeunes prononcent des gros mots, ou encore celles durant lesquelles on peut voir des injections d'héroïne en gros plan. La mention du nom d'une de la région a été enlevée, pour éviter d'entacher l'image du Pendjab. Des références qui ne doivent surtout pas embarrasser les élus locaux, proches du parti au pouvoir dans un pays qui vivra des élections régionales dans quelques mois.

L'affaire devient éminemment politique alors que des élections doivent se tenir dans cet État au printemps 2017. Le gouvernement en place, formé d’une coalition incluant le Parti du peuple indien (BJP) de Narendra Modi, estime que le film est « diffamatoire » parce qu’il sous-entend que le contrôle de la frontière pakistanaise n’est pas assuré. Bollywood, pour sa part, est en émoi, et l’association des réalisateurs réclame « la démission » de Pahlaj Nihalani, le président du CBFC, qui se trouve être un proche du Premier ministre indien. La colère est d’autant plus forte que Pahlaj Nihalani accuse Anurag Kashyap « d’avoir financé son film avec le soutien du Parti de l’homme ordinaire (AAP) », la formation anti-corruption qui dirige l’assemblée régionale de Delhi et qui ambitionne de prendre le pouvoir au Pendjab.

The Textures of Loss

L'affaire est mise sur le devant de la scène après de nombreuses autres. On se souvient que le cinéaste Pankaj Butalia s'était offusqué du refus de visa pour son documentaire « The Tectures of Loss » sur le Cachemire, l'un des trois films faisant partie d'une trilogie sur les conflits en Inde, jusqu'à ce qu'un tribunal indien invalide la décision du CBFC le 15 février dernier.

Le CBFC contestait le parti pris du cinéaste affirmant vouloir dénoncer « les violations des droits humains dont les exécutions extrajudiciaires, les disparitions mystérieuses de personnes et la violence sexuelle » relayées par Amnesty International.

La censure cinématographique en Inde

La censure des films en Inde remonte à l'influence britannique en 1947. Le Conseil central de certification du film a été mis en place il y a ainsi plus de 60 ans. Le gouvernement nomme les membres du Comité, dont son président. Les règles actuelles de classification des films ont été édictées en 1983. A l'origine, la censure cinématographique visait à interdire les contenus séditieux et anti-britanniques, tout en protégeant le public contre l'indécence et les représentations jugées inacceptables.

En Inde, la censure cinématographique est ensuite devenue une question très controversée depuis la libéralisation de l'économie au début des années 1990, après une longue période d’État d'urgence imposée par l'ancien Premier ministre Indira Gandhi, suspendant les libertés publiques, y compris celles accordées à la presse.

Le conflit avec le Pakistan voisin, et les sensibilités religieuses des nombreuses communautés indiennes présentes dans le pays, vont progressivement concentrer l'attention du CBFC. Ainsi, l'acteur indien Shah Rukh Khan dans le film My Name is Khan (2010) a attiré les protestations de groupes d'extrême-droite parce que son personnage exige que les joueurs de cricket pakistanais intègrent l'Indian Premier League, suscitant dès lors la colère du parti Shiv Sena. En 2014, le film The screening of “PK” (2014), qui ridiculise le culte des Dieux et des prêtres, a entraîné de nombreuses manifestations violentes. En 1995, les exploitants de salles projetant le film Bombay, qui raconte l'histoire d'une jeune fille musulmane désireuse d'épouser un garçon hindou, furent menacés.

C'est donc régulièrement que l'Inde censure des films pour préserver les équilibres religieux, et la sensibilité morale qui va avec.

Décision clémente pour Udta Punjab

Finalement, les producteurs du film ont saisi la Haute Cour de Bombay qui, après avoir entendu les deux parties, a décidé lundi 20 juin 2016 d'autoriser la diffusion du film pour un public adulte avec une seule scène coupée, cella dans laquelle on voit le personnage principal uriner.

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