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DARKNESS, CENSURE ET CINEMA

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Promouvoir suspecte le gouvernement de vouloir légaliser la pornographie au cinéma et de la rendre accessible à tous les mineurs

Publié par darkness-fanzine.over-blog.com sur 19 Janvier 2017, 20:17pm

Catégories : #censure, #cinéma, #promouvoir, #azoulay, #bonnet

Près d’une année après la remise du rapport de Jean-François Mary, président de la commission de classification des œuvres cinématographiques, sur « la classification des œuvres cinématographiques relative aux mineurs de seize à dix-huit ans », il se murmure que le gouvernement pourrait proposer très prochainement une modification du Code du cinéma et de l’image animée.

L’information commence à provoquer quelques réactions épidermiques ici et là. Si le réalisateur Hervé Bérard dénonce le durcissement des règles et un retour à la banalisation de l’interdiction aux moins de 18 ans au cinéma dans une tribune mise en ligne sur le site de Libération le 17 janvier dernier, André Bonnet tout au contraire, s’exprimant au nom de l’association Promouvoir dans un communiqué publié le 19 janvier 2017, accuse Audrey Azoulay de vouloir "légaliser" la pornographie au cinéma en la rendant accessible à tous les spectateurs mineurs, et annonce d’ores et déjà une guerre sans merci devant les tribunaux :

« Le gouvernement a annoncé pour début février un décret autorisant la pornographie aux mineurs dès lors que les scènes de sexe non simulées ne seraient de nature à « heurter gravement leur sensibilité ». Sans attendre l’ordonnance en préparation sur la création artistique, et suivant en cela les objurgations à la fois du président actuel du CNC M. Mary (ancien militant trotskiste haut-placé, qui vient d’être nommé en outre au CSA) et du lobby libertaro-capitaliste de l’industrie du cinéma, le ministre de la Culture veut donc permettre officiellement aux mineurs de visionner de la pornographie au cinéma et ensuite à la télévision, dès lors qu’il s’agirait de pornographie non excessivement violente !

Voilà un soutien inattendu et incroyable pour les sites de pornographie déguisés en sites dits « chic » ou « soft », qui se bornent en fait à ne pas donner d’emblée à voir des scènes extrêmement violentes ou dégradantes. La pornographie (qui montre les pratiques sexuelles les plus diverses en détail, en un voyeurisme de proximité intime) ne peut en tout état de cause, par définition, être « soft » ! Et ce terme était d’ailleurs jusqu’ici réservé aux scènes simulées et suggestives, qui ne donnaient pas à voir de la crudité sexuelle avec tous les détails anatomiques.

L’hypocrisie n’est donc plus de mise : le gouvernement avoue son soutien à la pornographie pour les mineurs, dans les lieux publics et partout ensuite. Malheureusement, il y est encouragé parfois par le juge administratif, puisque la cour administrative d'appel de Paris vient de juger que le film Bang Gang, quoique comportant de nombreuses scènes d’orgie entre mineurs, pouvait être donné à voir aux jeunes adolescents de 12 ans (arrêt n° 16-2496 du 10 janvier 2016).

L’association ne manquera pas d’attaquer au contentieux le futur décret : si son contenu était celui annoncé, il méconnaîtrait en effet directement les dispositions de l’article 227-24 du code pénal. »

Le dossier est donc loin d’être refermé et ce d'autant plus que le journaliste Jamal Henni, dans un article publié aujourd'hui sur bfmbusiness.bfmtv.com, semble donner raison à André Bonnet lorsqu'il affirme que le décret attendu pour le début du mois de février, devrait disposer que les scènes de sexe, qu'elles soient simulées ou non, n'entraineront plus forcément l'interdiction d'un film aux mineurs comme certains tribunaux l'exigent dorénavant. Ainsi, seules les "œuvres comportant des scènes de sexe ou de violence de nature à heurter gravement la sensibilité des mineurs" seront désormais susceptibles de subir une telle restriction. Une formulation subjective très ambiguë qui, si elle est retenue, devrait nourrir de nombreuses actions en justice. Bref, les juges administratifs vont avoir du pain sur la planche...

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