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CENSURE & CINEMA

CENSURE & CINEMA

Collection Darkness, censure et cinéma


Maxime Kermagoret dénonce la censure culturelle de la médiathèque de Lorient !

Publié par darkness-fanzine.over-blog.com sur 23 Mai 2017, 22:49pm

Catégories : #censure, #cinéma, #kermagoret, #médiathèque, #lorient, #interdiction, #L'eau douce qui coule dans mes veines

Maxime Kermagoret, le réalisateur indépendant de L'Eau douce qui coule dans mes veines (2015) dont nous vous avons déjà raconté l'incroyable histoire sur ce blog, nous signale que la médiathèque de la ville de Lorient a refusé d'acheter son film pour des raisons qu'il juge quelque peu obscures. Censure ou choix culturel ? Voici quelques extraits de la réaction ulcérée du cinéaste sur sa page Facebook :

 

Le DVD de L'Eau douce qui coule dans mes veines a finalement été refusé à l'achat par la médiathèque de ma ville et ce, au bout de plusieurs mois d'attente. Refusé ou interdit ? On pourrait dire CENSURÉ [...] même si je ne suis pas tellement surpris. Vendredi dernier, je me suis donc entretenu avec la responsable du secteur images et sons de la médiathèque François Mitterrand à Lorient. Je souhaitais connaître leur politique d'acquisition, suite à un mail reçu de la part de la responsable : « En fait, le DVD de votre film était dans notre panier d'achats de mars et avril. Le comité d'achat n'a pas donné suite. C'est rare qu'il y ait des refus. Mais là... On ne prend pas ce genre d'histoire. » Ce genre d'histoire, hum...

 

Un rappel du synopsis de L'Eau douce qui coule dans mes veines (interdit aux moins de douze ans) s'impose : « Une jeune fille instable sentimentalement et socialement se voit proposer un poste pour lire des textes poétiques à un homme en fin de vie. Sur une semaine de visites journalières (soit une poésie par jour), ce dernier tentera de faire basculer la jeune fille des ténèbres vers la lumière et redonner à celle-ci un sens à sa vie... » Rappels des comédies familiales présentes dans cette médiathèque : The Brown Bunny, La Vie d'Adèle : chapitres 1 & 2, Antichrist, Intimité, Romance, Serbis, L'Empire des sens, Salo ou les 120 journées de Sodome, Lune froide, Le Septième continent, Funny Games, La Pianiste, The Tribe, Jeune et jolie, Shame, Rester vertical, L'Inconnu du lac... pour ne citer que ces oeuvres. Rappel du synopsis de L'Inconnu du lac (interdit aux moins de seize ans) : « L'été. Un lieu de drague pour hommes, caché au bord d'un lac. Franck tombe amoureux de Michel. Un homme beau, puissant et mortellement dangereux. Franck le sait, mais il veut vivre cette passion. » « Oui, mais c'est c'est Alain Guiraudie quand même, c'est un auteur ! » Certes, ses films sont médiatisés lorsqu'ils passent dans les festivals puis un peu quand sortent dans les cinémas. Mais mes parents ne connaissent pas. Les enfants non plus.

 

Bref, ce n'est quand même pas du cinéma destiné à tous les publics. L'argument du potentiel « commercial » ne tient pas la route, malgré la réputation, la carrière du metteur en scène. Surtout qu'Alain Guiraudie n'est pas breton ! [...] « C'est une bibliothèque municipale, il y a des familles qui empruntent. Les films dont vous parlez ne sont pas souvent empruntés. On est parfois obligé de s'autocensurer. […] Oui, c'est une forme de censure, en quelque sorte, mais pas totalement. C'est juste qu'on ne veut pas prendre le risque qu'il y ait des remontées jusqu'aux élus locaux. »

 

En 2016, c'est (à ma connaissance) le seul long-métrage de fiction tourné à Lorient à avoir connu une sortie dans la grande distribution, via un éditeur, puis une chronique dans un magazine spécialisé (Les années laser). « Oui, mais on ne peut pas prendre ce genre d'histoire. » C'est bon, j'ai compris ! [...]

 

Merci aux médiathèques de Quimper, Rennes, Paris, Lyon, Vénissieux, Strasbourg et Toulouse d'avoir intégré le DVD dans leur catalogue. Leur comité d'achat est moins frileux que celui d'une petite médiathèque comme celle de Lorient. Même avec une restriction (peu élevée) officiellement donnée par la Commission de classification ET, surtout, un éditeur et des fournisseurs pour les médiathèques, force est de constater qu'il n'est pas aisé de convaincre des personnes qui ont catalogué un film comme « sale » (n'ayons pas peur des mots) alors que ce n'est pas l'« histoire ». La responsable du secteur m'a tout de même suggéré d'aller proposer (une fois de plus) le DVD à la salle Bretagne (qui se trouve à l'entrée de la médiathèque). Un autre fournisseur, mais je suis déjà allé les voir l'année dernière : « Je vous vois avec votre DVD à la main. On accepte les dons ». […] Je leur ai suggéré l'achat de ce petit film underground à la réputation sulfureuse et réalisé par un inconnu depuis plus d'un an (au moment de sa sortie). En 2013, je leur ai demandé si une projection publique était possible, et la responsable ne l'a pas oublié (du moins, les articles sur le Net... à moins qu'elle confonde avec Destruction Massive, que j'avais suggéré pour une projection un ou deux ans auparavant).

 

La médiathèque de Lorient a donc peur d'un film interdit aux moins de 12 ans par la Commission de classification du CNC. […] Car il est inutile de repréciser que leur catalogue contient pas mal de films avec cette restriction (les DVD de ceux-ci présentent un sticker, pas toujours représentatif de la vraie classification). Du snobisme (ils ont plusieurs DVD L'Harmattan Vidéo, et dernièrement Le Chanteur de Rémi Lange), et une forme de censure. Qu'ils n'aiment pas le film est un fait (mais comme ils ne l'ont pas vu...). Qu'ils en refusent l'achat à cause de « ce genre d'histoire »...

 

On peut s'interroger sur le regard que portent les médiathèques (mais pas que) sur les classifications accordées par la Commission de classification. Comme les chaînes de télé et les DVD : selon leur propre ressenti !

 

Rappelons que malgré deux scènes de sexe non simulées, L'Eau douce qui coule dans mes veines a été interdit aux mineurs de 12 ans après que le réalisateur ait insisté pour que le visa initialement accordé pour tous publics, soit plus sévère. Quelle histoire !

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G
Question : lorsqu'on bloque une personne sur par exemple facebook, peut-on parler de censure personnelle ou non ?
Répondre
M
Tout dépend qui vous êtes et pourquoi on vous bloque !
G
Imaginons qu'on vous bloque parce que vos propos ne plaisent pas à une personne. C'est refuser de voir ce que publie la personne. Dans ce cas, c'est donc une censure que l'on exerce à soi et à l'autre.
Ce qui tendrait à prouver qu'il y a une censure légitime et une autre illégitime ?
Ou bien nous sommes tous des censeurs en puissance qui dénonçons la censure ?

Imaginons pas exemple que je n'apprécie pas le film de monsieur Kermagoret et que je dise en public ce que j'en pense. Et que celui-ci, n'appréciant pas mon avis défavorable, émis dans le respect de l'auteur, me bloque. (Ce n'est qu'un exemple).
Peut-on parler de censure dans ce cas ? A fortiori si Monsieur Kermagoret en fait part publiquement et que ça incite d'autres gens à me bloquer.
D
Tout dépend qui vous bloque et qui vous êtes !

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