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CENSURE & CINEMA

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Collection Darkness, censure et cinéma


Dernière intervention dans la presse, hier, avant la décision de la ministre

Publié par darkness-fanzine.over-blog.com sur 2 Juillet 2015, 21:13pm

Catégories : #20 minutes, #censure, #love, #stéphane Leblanc, #noé

Article de Stéphane Leblanc publié hier sur le site de 20minutes.fr, avant la décision de Fleur Pellerin, avec l'intervention de votre serviteur :

«Love»: Le visa d'exploitation interdisant le film aux moins de 16 ans est signé, affaire à suivre...

Ainsi, il n’y avait pas de quoi fouetter un chat. La Commission de classification des films a confirmé sa première décision : Love sera « seulement » interdit aux moins de 16 ans. Fleur Pellerin, qui avait souhaité que le film de Gaspar Noé passe une deuxième fois en commission, a signé son visa d’exploitation.

« Soucieux de maintenir l’équilibre entre liberté d’expression et protection des mineurs, nous voulions mettre un maximum d’arguments de notre côté, explique l’entourage de la Ministre de la Culture à 20Minutes. Une deuxième discussion autour du film permettait de dégager une majorité claire et un avis précisément motivé, dont nous espérons qu'ils pèseront en cas de recours devant un juge. »

L’explication, qui n’avait pas été rendue publique, avait suscité la colère du distributeur du film et l’incompréhension de nombreuses associations de professionnels du cinéma. C’est chose faite et Love, qui sortira en salles le 15 juillet sera bien accessible aux mineurs de plus de 16 ans. Du moins dans un premier temps. En effet, la Ministre vient de signer le visa d’exploitation du film. L’affaire n’est pas terminée pour autant. L’interdiction aux moins de 16 ans de Love peut encore évoluer après la sortie du film et finir interdit au moins de 18 ans, vu le nombre de recours intentés ces derniers temps par l’association Promouvoir (qui ne s’est pas encore manifesté et dont le site est actuellement « en reconstruction ») dès qu’une scène de film pointe le bout d’un sexe.

« S’il avait été d’emblée interdit aux moins de 18 ans, l’association Promouvoir aurait sans doute tenté d’aggraver la sanction afin de le faire classer X », explique le juriste Christophe Triollet, auteur du livre Le Contrôle cinématographique en France - Quand le sexe, la violence et la religion font encore débat (L’Harmattan).

Comme on peut le voir dans la première bande-annonce diffusée par Wild Bunch, Love de Gaspar Noé est bien ce qu’il prétend être : un film d’amour aux scènes de sexe nombreuses et variées.

Et pour cette raison, il a la loi contre lui. A savoir l’article 227-24 du Code pénal qui sanctionne tout « message à caractère violent […], pornographique ou de nature à porter gravement atteinte à la dignité humaine […] lorsque ce message est susceptible d’être vu ou perçu par un mineur ».

C’est sur cette base que Promouvoir attaqué Baise-moi en 2000 et a encore eu gain de cause en début d’année avec un recours en référé face à Nymphomaniac. Elle en a fait un autre, qui prendra plus de temps, contre La Vie d’Adèle. Et elle finira sans doute, en cas d’action, par avoir la peau de Love… « Que la Ministre ait essayé de prendre les devants n’avait donc rien d’étonnant, estime Christophe Triollet. Elle a pu être échaudée par le rappel à l’ordre du Conseil d’Etat qui a récemment annulé le visa d’exploitation de Saw 3D… »

Au moins, tout ce remue-ménage permet de faire parler de Love, ce qu’attendent Vincent Maraval et Gaspar Noé… Mais aussi, peut-être, de faire réfléchir à l’article 227-24 du code pénal que certains, à la Commission de classification, souhaiteraient voir évoluer. « Sans quoi, estiment-ils, en matière de sexualité à l’écran, des associations comme Promouvoir finiront toujours par avoir gain de cause devant les juges ».

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B
L'article 227-24 du code pénal n'est pas prêt d'évoluer dans un sens de moins de rigueur. Il suffit de voir la proposition de loi déposée l'an dernier, non pas par l'extrème droite, mais par 38 députés du groupe UMP, qui prévoyait d'élargir le champ de l'interdiction aux mineurs de l'article 227-24 du code pénal, notamment au message et image à caractère érotique. http://www.assemblee-nationale.fr/14/dossiers/protection_personnes_enfance_adolescence.asp<br /> Il semble que cette proposition a été enterrée, à juste titre d'ailleurs. Mais, elle démontre que l'assouplissement des dispositions de l'article 227-24 du CP aurait probablement peu de chance de succès auprès du législateur.
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D
Merci pour ces précisions.

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