Une dépêche de l'Agence France Presse nous apprend que le 7 novembre 2016, le comité permanent de l'Assemblée nationale populaire de Chine (le Parlement) a adopté un projet de loi relatif au cinéma dont l'objectif est de "diffuser les valeurs socialistes fondamentales" et "d'enrichir la vie culturelle et spirituelle des masses".
Ainsi, la loi - qui devrait entrer en vigueur en mars 2017 - prohibe, notamment, les contenus susceptibles "d'encourager l'opposition aux lois ou à la Constitution, qui nuisent à l'unité, à la souveraineté et à l'intégrité nationales, qui dévoilent des secrets d'Etat ou portent tort à la sécurité de la Chine, à sa dignité, à son honneur ou à ses intérêts". Les sujets qui "calomnient les excellentes traditions culturelles populaires" sont également interdits, comme tout ce qui pourrait nuire à "l'unité ethnique".
En outre, les entreprises chinoises du cinéma n'ont pas le droit de participer à des productions étrangères qui pourraient porter atteinte "à la dignité, à l'honneur et aux intérêts de la Chine, à la stabilité sociale" ou qui "heurteraient les sentiments du peuple chinois". La loi précise à toutes fins utiles que les éventuels contrevenants sont passibles d'amendes pouvant représenter jusqu'à cinq fois leurs bénéfices.
Rappelons enfin que la Chine n'autorise chaque année que quelques dizaines de films étrangers dans ses salles contre environ 300 productions nationales. Afin de contourner la politique des quotas mis en place par les autorités, les producteurs étrangers s'allient parfois à des partenaires chinois. Ainsi, Hollywood a déjà depuis longtemps pris en compte les exigences de Beijing, surtout quand l'on sait que le marché chinois devrait générer un chiffre d'affaires de près de 9 milliards de dollars en 2019 contre 4,3 milliards en 2014.