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CENSURE & CINEMA

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Collection Darkness, censure et cinéma


Comme TF1 en janvier 2017, TMC diffuse une version censurée de Django Unchained

Publié par darkness-fanzine.over-blog.com sur 8 Octobre 2017, 10:13am

Catégories : #Django Unchained, #tarantino, #censure, #cinéma, #télévision, #TMC, #TF1

Lundi 2 octobre 2017, la chaîne de télévision TMC a censuré Django Unchained (Quentin Tarantino, 2013), en diffusant un film allégé de deux séquences - celle durant laquelle un esclave est dévoré par des chiens, et celle de la fusillade dans la résidence de Candyland - pour une durée totale de 71 secondes.

 

A l'instar de TF1 en janvier 2017 – chaîne propriétaire de TMC –, le générique de début a été précédé par l'incrustation d'un avertissement précisant aux téléspectateurs qu'il s'agit d'une version retravaillée par les équipes de Quentin Tarantino et non par la chaîne : « Pour que ce film puisse vous être proposé en première partie de soirée, certaines scènes violentes ont été légèrement retravaillées par son réalisateur, Quentin Tarantino. »

 

Un argument superfétatoire que nous allons démonter et expliquer.

 

Le niveau de classification d'un film décidé par le ministre de la Culture pour sa projection en salles va conditionner simultanément l'heure de sa programmation à la télévision, celle-ci étant fonction de sa classification dans l'une des cinq catégories définies par le conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) :

  • la catégorie I pour les programmes destinés à tous les publics ;

 

  • la catégorie II pour les programmes susceptibles de heurter les mineurs de 10 ans, qui ne peuvent être diffusés dans les émissions destinées aux enfants ;

 

  • la catégorie III pour les œuvres cinématographiques interdites aux -12 ans et les programmes qui recourent de façon répétée à la violence physique ou psychologique ou qui évoquent la sexualité adulte, ne peuvent être diffusés avant 22 heures ;

 

  • la catégorie IV pour les œuvres cinématographiques interdites aux -16 ans, et les programmes à caractère érotique ou de grande violence susceptibles de nuire à l'épanouissement physique, mental ou moral des mineurs de 16 ans, ne peuvent être programmés qu'entre 22 h 30 et 5 heures ;

 

  • et enfin la catégorie V pour les œuvres cinématographiques interdites aux -18 ans, et les programmes pornographiques ou de très grande violence, réservés à un public adulte averti, qui peuvent nuire à l’épanouissement physique, mental ou moral des mineurs, ne peuvent être diffusées qu’entre minuit et 5 heures du matin par les chaînes accessibles par abonnement, dont celles de cinéma et de paiement à la séance dans la mesure où elles mettent en place un système de verrouillage permettant d’éviter que des mineurs y aient accès.

 

Classé en catégorie III, parce qu’interdit aux moins de 12 ans lors de sa sortie en salles, Django Unchained ne pouvait donc théoriquement être programmé qu’à partir de 22 heures. Toutefois, l’article 3 de la recommandation CSA du 7 juin 2005 (modifiée en 2012 et 2014) précise qu'à « titre exceptionnel, il peut être admis une diffusion après 20 h 30 de programmes de cette catégorie [...] sauf les mardis, vendredis, samedis, veilles de jours fériés et pendant les périodes de vacances scolaires », ces diffusions exceptionnelles ne pouvant « excéder seize programmes par an, dont au maximum quatre œuvres cinématographiques interdites en salles aux mineurs de 12 ans ».

 

TMC pouvait donc parfaitement diffuser le film en version intégrale dès 20 h 30 en respectant les règles posées par le CSA, sauf à avoir déjà diffusé 4 films interdits aux moins de 12 ans en première partie de soirée à titre exceptionnel. En réalité, TMC, comme TF1 en janvier dernier, semble avoir voulu se prémunir d'un éventuel rappel à l’ordre du CSA comme ce dernier l’a effectivement expliqué dans son rapport annuel en 2007 :

 

« Le CSA veille à ce que la classification attribuée aux films lors de leur sortie en salles soit renforcée par les chaînes de télévision lors de la diffusion de l’œuvre à la télévision, lorsque cela est nécessaire, comme le prévoit l’article 2 de la recommandation du 7 juin 2005 sur la classification des programmes et la signalétique jeunesse. Cela se justifie par la nécessaire prise en compte du contexte de visionnage, différent au cinéma et à la télévision, et par la portée de chacune de ces mesures de classification. Dans le cas d’une projection en salles, le téléspectateur effectue la démarche de se rendre au cinéma, alors qu’une diffusion à la télévision accroît le risque d’exposition des mineurs à des programmes qui ne leur sont pas adaptés, ce qui peut justifier un éventuel renforcement de la classification. Par ailleurs, alors que le visa pris par le ministre de la Culture conditionne le droit d’accès des mineurs aux salles de projection et qu’il peut énoncer une interdiction d’accès, la signalétique apposée par les chaînes consiste simplement à déconseiller certains programmes et à adapter l’horaire de diffusion à leur contenu, mesure moins contraignante par ses effets et qui peut donc justifier une classification plus protectrice du jeune public. »

 

Ainsi, bien qu’ayant utilisé la possibilité de programmer un film interdit aux mineurs de 12 ans en prime time, TMC - comme TF1 il y a neuf mois - a souhaité se prémunir contre toute récrimination de l’instance de contrôle de la télévision en présentant une version censurée et en avertissant les téléspectateurs de son choix de diffuseur.

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