Partageant une antipathie de principe pour la censure politique et morale, Joseph Rovan et Jean d'Ormesson (qui accepte sa désignation à la commission de contrôle des films dans les années 1960 en disant qu'il voterait l'autorisation quel que soit le film) s'opposent, comme ils le peuvent, aux coupes et aux interdictions exigées par l'abbé Jean Pihan, le docteur Roumajon ou encore le conseiller Jean Chazal, pointilleux en matière de moralité.
Dans son livre Je dirais malgré tout que cette vie fut belle, Jean d'Ormesson explique : « Parmi d'autres corvées, je représentais le ministre à la Commission de contrôle du cinéma. J'avais déclaré d'emblée que je voterais toujours l'autorisation. Un film aussi réussi et aussi innocent que Jules et Jim de François Truffaut – où Jeanne Moreau chantait Dans le tourbillon de la vie – avait suscité des oppositions. Dans ce cas comme dans d'autres, j'ai emporté le morceau en assurant que des situations analogues se présentaient sans cesse à ma propre famille ».
Monsieur Jean d'Ormesson est mort à l'âge de 92 ans.