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CENSURE & CINEMA

CENSURE & CINEMA

Collection Darkness, censure et cinéma


Le film de Lucien Bourjeily, Mcha’lab/Disorder, est censuré par la Sûreté générale au Liban

Publié par darkness-fanzine.over-blog.com sur 21 Juillet 2025, 12:35pm

Catégories : #Interdiction, #cinéma, #Liban, #Mcha’lab, #Disorder, #Lucien Bourjeily

Pourtant déjà projeté à Beyrouth durant le festival Écrans du Sud, Mcha’lab (Disorder, 2024), qui présente quatre courts-métrages réalisés par Lucien Bourjeily, Bane Fakih, Wissam Charaf et Areej Mahmoud, est interdit au Liban au début du mois de juillet 2025 en raison d’une séquence d’une vingtaine de secondes montrant un groupe d’étudiants préparant une mobilisation après que l’un de leurs amis se soit violemment fait battre par des soldats libanais durant une manifestation pacifique organisée dans la capitale. Ils regardent la vidéo de l’agression sur leurs téléphones, font quelques commentaires quand l’un d’eux observe : « Ils sont sans cœur. » Une séquence jugée inacceptable par le ministère de l’Intérieur qui conditionne alors son autorisation de projection à sa suppression.

Si Lucien Bourjeily accepte de couper la scène litigieuse pour permettre au film de sortir, il ne décolère pas : « L’importance de cette scène réside dans le fait qu’elle fait partie d’un long plan de 22 minutes qui se clôt exactement comme il a commencé. [...] C’est un choix de mise en scène pour créer une boucle, un effet d’enfermement », et il ajoute : « C’est une histoire réelle, pas de la fiction. Des Libanais ont été tués ou grièvement blessés dans des manifestations pacifiques, certains ont perdu la vue, et jamais les responsables n’ont été inquiétés. Et c’est nous, les artistes, qui sommes punis pour avoir documenté ces violences et tenté d’en discuter dans un film. »

Toutefois le cinéaste n’est pas dupe, habitué à la censure de ses œuvres : une scène de son film Ghada el-Eid (Le Déjeuner, Heaven Without People, 2017) a été coupée, ses pièces Bte’taa Ma Bte’taa et Beirut Syndrome ont été interdites, vingt-sept séquences de la pièce Habibit albi inti supprimées, ou encore un court-métrage écrit et réalisé par Farah el-Chaer qu’il a produit, interdit.

Interrogé sur l’affaire, le ministre de la Culture indique « soutenir sans aucune réserve le droit à l’expression intellectuelle et artistique » tout en reconnaissant que « la législation actuelle accorde un droit de censure à la Sûreté générale ». Indubitablement un aveu d’impuissance.

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