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CENSURE & CINEMA

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Collection Darkness, censure et cinéma


Le juge administratif suspend l’annulation par le maire de Marseille des projections de Sacré Cœur programmées dans une salle communale

Publié par darkness-fanzine.over-blog.com sur 25 Octobre 2025, 15:06pm

Catégories : #interdiction, #vinéma, #Sacré Coeur, #laïcité, #maire, #Marseille

Saisi par le sénateur des Bouches-du-Rhône Stéphane Ravier et les réalisateurs de Sacré Cœur (Steven et Sabrina J. Gunnell, 2025) le 24 octobre après que le maire de Marseille annule le 22 octobre les projections du film prévues dans la salle communale du château de La Buzine au nom du principe de laïcité, le juge des référés du tribunal administratif de Marseille suspend la décision municipale le 25 octobre considérant que « la seule diffusion d’une œuvre cinématographique susceptible de présenter un caractère religieux dans un cinéma municipal exploité en régie ne porte pas, par elle-même, atteinte au principe de laïcité dès lors que cette diffusion n’exprime pas la reconnaissance par la commune d’un culte, ne marque pas une préférence religieuse à l’égard de ce culte par cette commune et n’a pas pour effet d’accorder une subvention directe ou indirecte à une telle œuvre », par cette déprogrammation « le maire de Marseille a porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d’expression, à la liberté de création et à la liberté de diffusion artistiques ». Le juge Fabien Platillero ordonne donc la suspension de la décision et la projection du film au château de La Buzine telle qu’elle avait été initialement programmée.

« C’est d’abord une injustice qui a été réparée à l’égard des réalisateurs de ce film, qui avait été retenu pour être projeté au château de La Buzine pour sa qualité artistique avant d’être censuré pour un motif religieux », souligne Me Grégoire Belmont, l’avocat des requérants. « Cette décision était en outre une entorse au principe de neutralité : la mairie aurait dû envisager ce film en tant qu’œuvre d’art, sans chercher à juger sa dimension religieuse. La laïcité n’est pas un athéisme d’État, elle ne nie pas qu’il y ait des œuvres d’art inspirées par des religions. Celles-ci doivent pouvoir être exposées dans le cadre de programmations artistiques comme celle-là. »

Les trois séances annulées par Benoît Payan, devront donc être reprogrammées, ce dernier ayant décidé de ne pas faire appel. Dans un communiqué, la mairie de Marseille dit « prendre acte de la décision du tribunal administratif », autorisant la projection de Sacré Cœur le 25 et le 28 octobre.

La décision : ICI.

Le 14 octobre 2025, l’association Ciné 32 qui organise et coordonne la programmation de certains cinémas dans le département du Gers, invite tous les exploitants affiliés à ne pas diffuser Sacré Cœur, un film « ouvertement d‘extrême droite chroniqué uniquement par des médias du même bord et des sites catholiques intégristes ». L’association appelle à « résister » à une « stratégie très agressive et prosélyte » en refusant de le programmer ou en ne collaborant pas avec le distributeur Saje.

Qualifiée de « censeur » pour le maire d’Eauze qui a publié le courriel sur les réseaux sociaux, l’association réagit dans un communiqué2 : « Il ne s’agit pas de la censure d’un film, car la censure est contraire à nos valeurs, et nous ne l’avons jamais pratiquée. La diversité de nos programmes en témoigne. Il s’agit par contre du libre choix (que nous n’avions jamais eu à faire jusqu’à maintenant) de ne pas travailler avec une société de distribution de films dont le but de prosélytisme ou de propagande est évident et revendiqué. Or, il suffit de consulter le site de la société de distribution SAJE, qui distribue Sacré Cœur, pour constater sa raison d’être et sa vocation. Nous remarquons d’ailleurs que l’orchestration médiatique laisse cet aspect essentiel dans l’ombre… Si ce film avait été distribué par un des très nombreux distributeurs classiques, nous aurions pu faire le choix de le programmer, comme cela a été le cas dans le passé pour des films à sujet explicitement religieux – ou politique – , laissant aux spectateurs la liberté de leur point de vue. Et il est probable qu’il y aurait eu débat. De plus, notre libre choix en tant que programmateur dans ce cas précis n’empêche pas le film d’être montré en dehors de la programmation d’un cinéma, à l’initiative d’une mairie (c’est le cas à Eauze) ou d’une association. »

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