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Le gouvernement argentin vient tout juste de faire évoluer son dispositif de classification des œuvres cinématographiques. À l’origine de la réforme, le ministre de la Déréglementation et de la Transformation de l’État, qui explique sa décision sur le réseau social X, le 27 janvier 2026 : « Le merveilleux Cinema Paradiso de Giuseppe Tornatore se termine par le cadeau que reçoit Antonio à son retour dans le village sicilien qu’il a quitté cinquante ans plus tôt : une boite contenant tous les morceaux de pellicule que le curé coupait avant de projeter les films dans la salle paroissiale ». Une déclaration étonnante pour signifier son étonnement après avoir découvert qu’un représentant de l’Église siégeait toujours au sein même du Comité de classification des films.
Federico Sturzenegger annonce ainsi la suppression du contrôle des films par l’État : « Nous, les libéraux, croyons en la liberté individuelle […], sans que l’État n’intervienne pour dicter ce que chacun peut faire. » Le Comité de classification installé depuis 1984 au sein de l’Instituto Nacional de Cine y Artes Audiovisuales (INCAA) disparaît donc, la responsabilité de restreindre l’exploitation d’un film étant dorénavant confiée aux professionnels. Si le ministre indique que la classification des films destinés aux mineurs sera, en principe, celle décidée dans leur pays d’origine, il ajoute que les enfants pourront regarder tous les films qu’ils veulent, y compris ceux qui leur sont interdits, s’ils sont accompagnés d’un parent (ou d’un tuteur).
Le ministre conclut en déclarant solennellement : « Ceux d’entre nous qui croient en la liberté souhaitent que l’État se retire de la Culture, car son intervention la prostitue et la transforme en propagande politique. » Une conception diamétralement opposée à celle défendue par la France qui soutient la Culture, dont l’industrie cinématographique, et protège les mineurs des représentations qui ne leur sont pas destinées.