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Sur les écrans tunisiens depuis le 6 mai 2026, Exil de Mehdi Hmili, suscite une vive polémique en Tunisie. Ainsi, une vidéo mise en ligne par une femme qui, ayant assisté à la projection avec ses enfants, affirme avoir dû « quitter la salle en urgence en raison de scènes [de nudité dans un hammam] jugées particulièrement inappropriées pour un jeune public », a été massivement relayée sur les réseaux sociaux. Des scènes « vulgaires » qui justifieraient, selon certains internautes, « une intervention du ministère des Affaires culturelles pour censurer le film ».
Selon le réalisateur, « il ne faut pas tomber dans le moralisme », rappelant que « certaines publications sur TikTok sont plus choquantes que certaines scènes du film ». Dans son article, Rihab Boukhayatia nous explique que « le cinéma tunisien est fréquemment associé à la nudité, à l’érotisme voire à l’obscénité » :
« À partir du milieu des années 1980, la nudité s’impose en effet davantage dans le cinéma tunisien, sous des formes diverses. Dans L’Homme de cendres, le corps masculin est dévoilé dans un contexte de violence sexuelle. Les Sabots en or prolonge cette évolution avec une scène d’amour assumée, tandis que Le Sultan de la Médina expose frontalement un corps masculin entièrement nu. Avec Un été à La Goulette, la nudité féminine devient un élément narratif central. Le tournant le plus marquant reste toutefois Halfaouine qui montre des corps féminins tunisiens nus. Cette représentation a profondément marqué les esprits, avant d’être réduite de manière caricaturale à quelques images scandaleuses, plus facilement mobilisables dans la polémique que dans la réflexion. Cette réduction [...] traduit une consommation appauvrie du débat culturel, filtrée par une panique morale récurrente. À chaque sortie d’un film abordant frontalement le corps, le désir, l’homosexualité, la religion ou d’autres tabous sociaux, se rejoue le même scénario : indignation sélective, accusations de provocation, soupçons de complaisance envers les festivals occidentaux, et appels à la censure. […]. La liberté de création est alors directement en jeu. En principe, un film tunisien a le droit d’exister tel que ses auteurs l’ont conçu, sans entrave. Réalisateurs, scénaristes et producteurs doivent pouvoir façonner leurs œuvres selon leur vision esthétique, politique ou intime. Aucun député, influenceur ou censeur autoproclamé ne devrait pouvoir exiger l’interdiction d’un film ou la suppression de scènes pour apaiser des sensibilités particulières. Dès lors qu’il s’agit d’une œuvre artistique, elle doit pouvoir obtenir son visa d’exploitation et être projetée librement. Le rôle de l’État n’est pas de se poser en gardien de la morale, mais de garantir l’accès à la liberté d’expression culturelle. »
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