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CENSURE & CINEMA

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Collection Darkness, censure et cinéma


La justice annule l'interdiction du documentaire La Part du loup décidée par le maire de Gouzon

Publié par darkness-fanzine.over-blog.com sur 7 Juin 2026, 09:35am

Catégories : #Interdiction, #cinéma, #documentaire, #La Part du loup, #Gouzon

Mis à jour le 8 juin 2026 à 9h40.

Le juge peut-il annuler la décision d'un maire qui déprogramme la projection d'un film de sa salle municipale, même en l'absence d'arrêté d'interdiction ?

Le 26 mai 2026, l'association Carduelis dénonce l'annulation des projections de La Part du Loup (Carmen Munoz Pastor et Vincent Primault, 2024) et de Sous nos yeux en Limousin programmées le 5 juin à l'espace culturel communal de Gouzon (Creuse), décidée unilatéralement par le maire (LR) Cyril Victor, lequel assume pleinement sa décision : « Quand j’ai pris connaissance de cette programmation, avec les synopsis des deux films prévus, oui, j’ai décidé d’annuler ces projections et c’est un choix que j’assume en tant que maire. Ce sont deux sujets – le loup et la forêt – extrêmement clivants et on voit bien les sujets qu’il y a derrière, notamment concernant la forêt avec Biosyl et la gestion forestière : dès qu’on touche à un arbre… » Si fin mars 2026, des manifestations s'étaient déroulées en Corrèze, à Tulle et Brive, en marge de la diffusion du premier documentaire sur le loup, sans aucun incident, cette fois-ci l’affaire est portée devant la justice par l'association Carduelis, l'association de défense des forêts Canopée et la Ligue des droits de l’Homme.

Le 4 juin, le tribunal administratif de Limoges donne raison à l’association, le juge des référés suspendant par ordonnance la décision du maire. « Nous sommes extrêmement satisfaits. Le juge a considéré que le maire de Gouzon portait une atteinte grave et illégale à la liberté d'expression », indique à la presse Carmen Munoz Pastor, co-présidente de Carduelis aux côtés de son conjoint Vincent Primault avec qui elle a réalisé le film.

Dans sa décision en effet, le juge souligne qu’il « appartient aux autorités chargées de la police administrative de prendre les mesures nécessaires à l’exercice des libertés de réunion et d’expression », et il ajoute qu’il « ne résulte toutefois pas de l’instruction, à la date à laquelle le juge des référés statue, qu’au-delà de son caractère polémique et clivant, le contenu des deux documentaires en litige serait, par lui-même, de nature à créer un trouble à l’ordre public ». Après avoir constaté « qu’aucune manifestation n’a été déclarée le soir de la projection », le tribunal enjoint le maire de Gouzon « de mettre à disposition de l’association Carduelis l’espace culturel […] pour la projection, le vendredi 5 juin 2026 à 20 heures » des deux documentaires et « d’assurer le bon déroulement de l’événement ». Le juge s'est donc prononcé sur l'opportunité de la déprogrammation décidée par le maire qui, pourtant, n'a pris aucun arrêté d'interdiction.

Malgré l'ordonnance du juge des référés, les documentaires ne sont pas projetés comme prévu, « faute de personnels techniques à mettre à disposition, ni d'élus municipaux disponibles, pour encadrer la manifestation », explique le maire, assurant cependant que l'interdiction d'accès au local technique ne concernait que « la pièce renfermant les installations électriques et n'empêchait pas la projection ».

Il estime, en outre, que le tribunal a commis « une erreur d’appréciation » concernant le risque de troubles à l’ordre public que feraient courir les projections des films de Carduelis dans sa commune, alors que de nombreux agriculteurs creusois sont fermement opposés au retour du loup.

 

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